Andernos Sport FC "Le football pour toutes et pour tous"
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Alain moulin

Il a quasiment tout connu entre la seconde série de la Ligue du Sud-Ouest (future Ligue d’Aquitaine en 1981) en 1967 et l’accession à la Division 3 en 1984. Éternel amoureux d’Andernos Sport, il a, durant deux décennies, œuvré et contribué aux nombreux exploits qui ont amené le football andernosien sur le devant de la scène du football régional. Dans le cadre du prochain centenaire du club, c’est un réel plaisir d’entendre et de lire de tels témoignages !
 

1/ Alain, peux-tu te présenter ?

Je suis né le 08 novembre 1949 à Chelles (77), et je suis arrivé à Andernos avec mes parents en 1950 (Année de l’inauguration du stade Jean Marcel Despagne).
En septembre 1964, je rentrais par concours, à l’école des apprentis de l’usine de La Cellulose du Pin à Facture/Biganos. J’y ai effectué la totalité de ma carrière au service de la maintenance. J’ai pris ma retraite le 01 janvier 2006.
En 1968, j’ai intégré l’équipe de foot de l’usine. Nous avons terminé 1er de notre championnat et gagné la coupe d’aquitaine corporative. Le niveau était assez élevé, car nous pouvions jouer le samedi en “corpo” et le dimanche dans nos clubs respectifs. Nous allions jouer à Paris, Marseille, Lyon, en train ou en avion. C’était génial !!!
 

2/ Peux-tu nous rappeler ton parcours footballistique ?

J’ai débuté à Andernos Sport, en 1961 en minime, avec Monsieur Baudoin et Monsieur Dantes. Des hommes gentils et dévoués au sein du club. Marcel Villetorte, employé de chez Pons, société de transport à Andernos, nous conduisait, lors des déplacements, dans une Traction 15 (un taxi). C'était du football à 7. Il n'y avait pas de vestiaire sur tous les terrains, donc pas de douches !!!
A 16 ans, j'ai été surclassé, de cadet pour jouer dans l’équipe fanion. Il n'y avait pas encore d'équipe junior à Andernos. Nous étions en district. Le championnat était composé en grande partie d’équipes du Médoc. Dur, Dur, les déplacements, il fallait éviter les tacles, bien trop hauts, à mon goût !!! Il n'y avait pas toujours d'arbitre officiel mais des bagarres, oui !!!
Il arrivait de voir des spectateurs, derrière les mains courantes, le fusil en bandoulière, au retour de la chasse.
En 1970, j’ai eu la surprise, en arrivant du travail, de voir les deux entraîneurs de Saint Médard (En Jalles), Messieurs Desvignes et Lechner, en discussion avec mon père. Ils venaient me recruter.
Changement d’ambiance et de niveau, les entraînements étaient musclés. Il n’y avait droit qu’à 2 joueurs mutés par match. Nous étions 14. Je faisais le trajet, depuis Andernos, avec Yves Lasserre, qui était gardien de but de cette équipe. Parmi les joueurs ayant signé, Henri Duhayot, ex joueur du FC Girondins de Bordeaux.
Nous avons joué en lever de rideau du match Bordeaux/Lyon, contre la réserve des Girondins au stade Chaban Delmas. J’ai ouvert grand les yeux, en quittant le terrain, à la fin du match, au moment de passer entre les 2 équipes qui allaient rentrer sur la pelouse il y avait les Di Nallo, Chiesa, Lacombe, d’un coté et Montes, Péri, Simon de l’autre. Un beau souvenir.
Je suis parti, au cours de cette saison 1970/71 pour effectuer mon service militaire dans la marine à Tahiti. A mon retour, malgré les courriers de sollicitations du président Lagardère, j’ai signé dans mon club de cœur, Andernos Sport. Christian Lahens était entraîneur, Bobby Courtiau et Jeannot Espagnet, soigneurs.
Les 2 saisons 1976/77 et 1977/78, j’ai signé à Facture/Biganos pour des raisons personnelles. Mon père m’en voulait et n’est jamais venu me voir. Il faut souligner que l’équipe d’Andernos Sport mangeait après les entraînements et les matchs à domicile, dans le restaurant de mes parents (pension de famille du Betey, ex-Loft 33 de nos jours). Ma mère est venue une seule fois. Ce jour-là, nous avons gagné 4 à 0 et j’avais marqué les 4 buts !!! Durant ces 2 saisons, nous sommes montés en Division d’Honneur, comme Andernos où je suis revenu par la suite.
J’ai arrêté ma carrière en 1987 à 38 ans, avant qu'on me dise de raccrocher.

3/ Ton poste de prédilection ?

J’ai joué au poste de n°10 jusqu’à la saison 1979/80. Merci aux entraîneurs qui m’ont fait confiance à ce poste extraordinaire. Orienter le jeu, marquer et faire marquer des buts, que du bonheur.
Au cours de la saison 79/80, sur la pelouse de Villenave d’Ornon, en Coupe de France (seul match perdu cette saison-là), Max Estay écopait d’une sanction sévère, qui l’écartait des terrains pendant une longue période.
Son poste de n°5 étant vacant et Philippe Marrot et Guy Turpin m’ont proposé l’alternative.
Le n°5 évoluait en libéro. Je m’y suis senti tout de suite à l’aise, surtout entouré de joueurs comme Paul Messaoud, Fernando Gomez, José Fernandez, “Lalou” Broustet, ainsi que des milieux de terrain et des attaquants hors normes, comme Joël Delas. Merci Messieurs les entraîneurs !!!
 

4/ Quels sont les coachs qui t’ont le plus marqué dans ta carrière ?

Bernard Déquéant, pour sa rigueur, il nous vouvoyait. Il n’hésitait pas à mettre sur la touche un joueur qui n’avait pas participé à l’entraînement sans excuse plausible. Et pour tout ce qu’il nous a appris en tant qu’ancien joueur professionnel (ex joueur du RC Lens entre 1960 et 1962).
L’association “Philippe Marrot/Guy Turpin” pour leur complémentarité, Philippe Marrot pour son approche du jeu et sa communication.
L’association “Christian Tastet/Guy Turpin”, à Facture/Biganos, en tant que meneurs d’hommes.
 

5/ Les plus beaux exploits auxquels tu ais participé ?

Il y a, bien sûr, l’épopée en coupe de France 1974/1975. La saison 1979/80, avec la victoire en Coupe du Sud-Ouest en restant invaincus en championnat de Division Honneur et la montée en 4ème division.
Je retiens la montée en 3ème division mais aussi la montée avec Facture/Biganos en DH.
J’ai eu le plaisir d'avoir foulé la pelouse du stade Chaban Delmas, l’honneur d’avoir joué, à 35 ans, contre les Girondins de Bordeaux, avec Giresse dans l’équipe, lors de l’inauguration du stade en août 1985 (Terrain d’honneur actuel).
Mon regret : au cours de la saison 1978/79, le tir sur le montant des buts d’Angoulême, après avoir éliminé le gardien Chemier à la 117 ème minute. Ce but nous aurait fait accéder aux 32ème de finale de la Coupe de France.
 

6/ Que représentait pour toi l’ancien stade Jean Marcel Despagne (emplacement du cinéma actuel) ?

Ce stade fait partie de ma vie. Nous y avions nos repères. Nous nous sentions invincibles. Je revois mon père, avec sa casquette, sous le tableau d’affichage et j’entends encore ma mère donner de la voix dans les tribunes.
 

7/ Qu’est ce qui, pour toi, a disparu dans le football amateur comparé au foot des années 70/80 ?

Honnêtement, je ne fréquente plus les stades. Je ne connais pas la mentalité des joueurs et des dirigeants actuels mais j’espère juste qu’ils ont autant de satisfactions et de plaisirs que nous en avons eu.
 

8/ As-tu des anecdotes marquantes de vestiaire ?

Le contraste entre Guy Turpin, ne tenant jamais en place et Philippe Marrot, très calme, frigorifié sur le banc de touche, pieds nus dans ses mocassins. C’était un personnage atypique mais ô combien attachant et efficace.
 

9/ Quel serait ton onze type de joueurs avec qui tu as joué ?

Un onze type !!! J’ai joué avec de très bons joueurs, à chaque poste, des ex pros et des amateurs qui auraient pu être pros. Ce n’est pas évident de mettre des noms sans en oublier même si j’ai ma petite idée !!!
 

10/ Notre club aura 100 ans en 2022 et beaucoup de souvenirs sont mis en avant ces dernières semaines. Quel est ton sentiment ?

C’est grandiose de retracer l’histoire de notre club, un grand bravo et une grande fierté d’y avoir participé.
 

11/ Le mot de la fin ?

Un immense remerciement et un énorme respect pour tous les présidents et bénévoles qui contribuent et ont contribué à notre belle histoire.
Vive Andernos Sport !

C.G.